Élire, c'est déléguer : l'insoumis veut que les habitants décident eux-mêmes, mais le minimum de 50% de participation risque de tout bloquer ?

Gauthier Boucly interviewé par Dounia Lemmouchia

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Les maires français ont le pouvoir de soumettre des référendums à leurs administrés depuis plus de 20 ans. Ils ne l'utilisent presque jamais. C'est ce constat que Gauthier Boucly (France Insoumise) place au cœur de sa critique : la démocratie participative est devenue un slogan de campagne, sans transfert réel de pouvoir aux habitants.

Sa réponse : le référendum d'initiative citoyenne (RIC) municipal. Avec ce dispositif, les habitants pourraient soumettre eux-mêmes une question à l'ensemble de la population sur tout projet concernant la commune. Et le résultat serait contraignant pour la mairie — même s'il contredit le programme de l'équipe élue.

Mais Gauthier Boucly fixe lui-même un verrou : le résultat ne sera applicable que si le référendum réunit au moins 50% de participation. Un seuil qu'il reconnaît ouvertement problématique : "la première fois qu'on fera un référendum d'initiative citoyenne, peut-être qu'il n'y aura pas 50% des habitants qui voteront. Mais ça prendra du temps." Les habitants, dit-il, n'ont tout simplement pas encore l'habitude de décider par eux-mêmes.

Ce double aveu — un droit existant ignoré depuis deux décennies, un seuil peut-être inatteignable au départ — distingue ce candidat des discours habituels. La démocratie directe locale ne se décrète pas : elle s'apprend.

Le dispositif est complété par un droit de pétition (5% des habitants suffisent pour forcer l'examen d'une proposition en conseil municipal), des conseils de quartier élus directement par les résidents, des conseils citoyens thématiques avec tirage au sort, et un budget participatif représentant environ 10% du budget communal.

Titre et Description par Alex Jade, Captation par Dounia Lemmouchia, Photo La France Insoumise

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